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Gueniza des Mezouzot et Téfilines : que conserver et que jeter ?

Guide pratique de Halakha

Que faut-il vraiment mettre à la gueniza ?

Une Mezouza invalide va-t-elle à la gueniza ? Et son boîtier ? Que faire des anciennes lanières, des coques plastiques, de la sacoche en velours ou du film protecteur ? Voici la réponse, objet par objet.

La réponse essentielle
Les parchemins de Mezouza, les parachiot des Téfilines, les étuis de Mezouza, les lanières et les sacoches fabriquées pour l’honneur des Téfilines ne se jettent pas. À l’inverse, une protection extérieure qui ne protège qu’une autre housse est généralement un tashmich de-tashmich : elle ne nécessite habituellement pas la gueniza, mais ne doit pas être jetée de manière méprisante lorsqu’elle est identifiable.

Qu’est-ce que la gueniza ?

La gueniza est la mise à l’écart respectueuse des écrits saints et de certains objets ayant servi directement à la sainteté lorsqu’ils ne sont plus utilisables. Ce n’est donc pas une « poubelle religieuse », mais une façon de préserver leur dignité jusqu’à leur enfouissement conformément à la halakha.

La source classique distingue les tachmiché mitsva, objets ayant servi à une mitsva, des tachmiché kedoucha, accessoires servant directement un objet saint. C’est cette distinction qui détermine si l’objet doit être déposé à la gueniza.

Les trois catégories à connaître

GUENIZA OBLIGATOIRE

1. Le gouf ha-kedoucha

L’objet portant lui-même la sainteté : parchemins de Mezouza, parachiot des Téfilines, Sifrei Torah et écrits comportant des paroles de Torah ou des Noms divins.

ACCESSOIRE DE KEDOUCHA

2. Tachmiché kedoucha

Objets servant directement un objet saint ou spécialement fabriqués pour son honneur : étui de Mezouza, lanières de Téfilines, coques protégeant directement les batim et sacoche dédiée aux Téfilines lorsqu’elle est destinée à leur honneur.

PAS TOUJOURS GUENIZA

3. Protection d’une protection

Exemple : la housse plastique extérieure qui protège la pochette en velours des Téfilines. Elle ne protège pas directement les Téfilines, mais seulement un premier accessoire.

Attention : la matière de l’objet ne décide pas de son statut. Plastique, métal, tissu, cuir ou verre : la vraie question est de savoir à quoi l’objet a servi.

Tableau pratique : gueniza ou poubelle ?

Objet Statut Conduite pratique
Parchemin de Mezouza GUENIZA Le confier à un Sofer ou à une gueniza adaptée, même s’il est invalide ou très abîmé.
Parachiot des Téfilines GUENIZA Ne jamais les jeter ni les laisser accessibles.
Batim des Téfilines (boîtiers en cuir) GUENIZA Qu’ils contiennent encore leurs parchemins ou qu’ils soient vides, les batim sont des tachmiché kedoucha et doivent impérativement être déposés à la gueniza.
Lanières des Téfilines GUENIZA Même lorsqu’elles sont coupées ou devenues inutilisables.
Boîtier de Mezouza ayant contenu le klaf GUENIZA Sa matière ne change pas son statut.
Film ou papier entourant le klaf SELON LA FONCTION Une protection qui enveloppe directement le klaf, même si elle est en nylon ou en papier, peut être considérée comme un tashmich kedoucha et doit donc être déposée à la gueniza.
Coques plastiques posées sur les batim GUENIZA Elles sont réservées à la protection directe des Téfilines.
Sacoche en velours spécialement confectionnée pour les Téfilines GUENIZA Lorsqu’elle est dédiée à leur conservation et à leur honneur, notamment si elle est brodée ou décorée.
Pochette simple contenant les Téfilines dans leurs coques SELON LE CAS Elle est généralement considérée comme un tashmich de-tashmich, puisqu’elle contient les coques qui protègent les Téfilines. La gueniza n’est donc pas obligatoire comme pour une sacoche brodée faite pour l’honneur, mais il est recommandé de la déposer à la gueniza lorsqu’elle est clairement identifiable.
Housse plastique extérieure de la sacoche PAS OBLIGATOIRE Elle protège seulement la sacoche et constitue généralement un tashmich de-tashmich. Elle peut être jetée lorsqu’elle est hors d’usage, mais il faut l’emballer dans un sac opaque si son usage pour les Téfilines reste reconnaissable. La présence éventuelle d’un texte de Torah impose un examen séparé.
Vis, clous, adhésif ou ruban double-face POUBELLE Ils ne nécessitent pas la gueniza. Il faut néanmoins éviter de les jeter de manière méprisante, surtout lorsqu’ils restent fixés à un boîtier reconnaissable de Mezouza : emballez alors l’ensemble.
Emballage commercial jamais utilisé POUBELLE Sauf s’il porte un Nom divin ou un texte de Torah lisible.
Photo ou reproduction imprimée d’un parchemin SELON LA LISIBILITÉ Gueniza si des versets, des Noms divins ou des paroles de Torah sont nettement lisibles. Pas nécessairement si le texte est trop petit, flou ou purement décoratif.

Mezouzot : parchemin, boîtier et protections

Le parchemin

Une Mezouza invalide conserve sa sainteté. Qu’elle soit déchirée, effacée ou attaquée par l’humidité, elle ne se jette jamais. Certaines dégradations restent réparables : faites d’abord vérifier la Mezouza par un Sofer qualifié.

Le boîtier

Un boîtier de Mezouza ayant réellement contenu une Mezouza doit être déposé à la gueniza lorsqu’il n’est plus utilisable, qu’il soit en plastique, bois, métal, verre ou pierre.

Le film protecteur

Une protection qui enveloppe directement le klaf, même si elle est en nylon ou en papier, peut être considérée comme un tashmich kedoucha et doit donc être déposée à la gueniza.
En revanche, une housse extérieure qui protège uniquement une première enveloppe ou un étui déjà destiné au klaf est généralement considérée comme un tashmich de-tashmich et ne nécessite généralement pas la gueniza..

Conseil de Sofer : ne déroulez pas inutilement une Mezouza déclarée invalide et ne tentez jamais de gratter une lettre ou un Nom divin. Placez-la dans une enveloppe propre portant la mention « Gueniza – Mezouza ».

Téfilines : que faire des différentes pièces ?

Les parchemins

Les parchemins des Téfilines constituent le cœur même de leur kedoucha. Même invalides, ils doivent être déposés à la gueniza.

Les batim

Les batim (boîtiers en cuir des Téfilines) constituent des tachmiché kedoucha de premier rang. Qu’ils contiennent encore les parchemins ou qu’ils en soient séparés (batim vides), ils ne se jettent jamais à la poubelle et doivent obligatoirement être déposés à la gueniza lorsqu’ils ne sont plus utilisables.

Les lanières

Le Choul’han Aroukh mentionne explicitement les lanières des Téfilines parmi les objets nécessitant la gueniza. Cela reste vrai lorsqu’elles ont été coupées lors d’un remplacement.

La sacoche et la housse extérieure

Une sacoche spécialement confectionnée pour la conservation et l’honneur des Téfilines, notamment lorsqu’elle est brodée ou décorée, est un tashmich kedoucha et doit être déposée à la gueniza lorsqu’elle est hors d’usage. Une simple pochette qui contient les Téfilines dans leurs coques peut avoir le statut plus léger d’un tashmich de-tashmich : la gueniza n’est alors pas obligatoire, mais il est recommandé de l’y déposer si son usage reste reconnaissable. La housse transparente extérieure, qui protège seulement la sacoche, est généralement un second accessoire : elle ne nécessite pas la gueniza, mais ne doit pas être jetée de manière méprisante.

Comment jeter ce qui ne nécessite pas de gueniza ?

« Peut être jeté » ne signifie pas « peut être jeté n’importe comment ». Même en l’absence d’obligation de gueniza, on évite de traiter avec mépris un objet identifiable comme ayant servi à une mitsva.

1
Vérifiez que l’objet est vide.
Ne jetez jamais un boîtier avant d’avoir retiré le parchemin ou tout fragment d’écriture.

2
Emballez l’objet lorsque cela convient.
Pour un objet encore clairement identifiable comme ayant servi à une mitsva, il est convenable de le placer dans un sac opaque avant de le jeter avec les déchets ordinaires.

3
Ne découpez jamais un texte saint.
On ne supprime pas un Nom divin ou un verset dans le but d’éviter la gueniza.

4
Réutilisez lorsque cela est possible.
Une housse extérieure encore intacte peut protéger une nouvelle sacoche de Téfilines.

Comment déposer correctement des objets à la gueniza ?

  1. Placez les parchemins dans une enveloppe ou un sachet propre et fermé.
  2. Indiquez clairement : « Mezouza », « parachiot de Téfilines », « lanières » ou « batim ».
  3. Ne placez pas d’emballages ordinaires ni d’objets sans kedoucha dans la gueniza.
  4. Pour des Téfilines complets ou de nombreux parchemins, choisissez un centre acceptant les objets de STaM.
  5. En cas de doute, remettez l’objet à votre Sofer.

Questions fréquentes sur la gueniza

Une Mezouza invalide peut-elle être jetée ?
Non. Sa sainteté ne dépend pas de son état. Elle doit être réparée si cela est possible ou déposée à la gueniza.
Un boîtier de Mezouza en plastique doit-il aller à la gueniza ?
Oui, lorsqu’il a réellement servi de boîtier à une Mezouza. Sa matière ne change pas son statut.
Le film plastique autour du parchemin peut-il être jeté ?
Pas automatiquement. S’il sert uniquement à protéger le klaf de l’humidité ou des détériorations, il ne nécessite généralement pas la gueniza. S’il a été fabriqué pour l’honneur de la Mezouza ou sert de véritable étui, son statut peut être différent.
Les lanières de Téfilines coupées vont-elles à la gueniza ?
Oui. Les lanières sont explicitement classées parmi les accessoires de kedoucha nécessitant la gueniza.
La housse plastique extérieure des Téfilines peut-elle être jetée ?
En général oui, car elle protège seulement la sacoche et constitue un tashmich de-tashmich. Ce n’est toutefois pas l’absence de verset ou de Nom divin qui crée ce statut. Si elle reste clairement identifiable comme housse de Téfilines, il faut l’emballer dans un sac opaque afin de ne pas la jeter de manière méprisante.
Une photo imprimée d’une Mezouza ou de Téfilines doit-elle aller à la gueniza ?
Si des versets, des Noms divins ou des paroles de Torah y sont nettement lisibles, l’impression doit être déposée à la gueniza. Si le texte est trop petit, flou ou purement décoratif, la gueniza n’est généralement pas nécessaire.
Peut-on déposer n’importe quel objet religieux à la gueniza ?
Non. Une gueniza ne doit pas devenir un dépôt d’emballages ordinaires. Lorsqu’un doute est fréquent ou porte sur un objet volumineux, demandez à un Sofer ou à un rav.

Un doute sur une Mezouza ou des Téfilines ?

Avant de remplacer, jeter ou déposer un élément à la gueniza, une vérification par un Sofer peut éviter une erreur et parfois sauver un parchemin encore réparable.

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Sources halakhiques

  1. Guemara, Méguila 26b : « tachmiché mitsva nizrakin, tachmiché kedoucha nignazin », distinction entre les accessoires de mitsva et les accessoires de sainteté.
  2. Choul’han Aroukh, Ora’h ‘Haïm 154, 3 : étuis de livres et de Mezouzot, lanières des Téfilines et autres tachmiché kedoucha.
  3. Rama et commentaires sur Ora’h ‘Haïm 154, 3 : un objet servant une protection déjà destinée à la kedoucha peut être un tashmich de-tashmich, tandis qu’un objet placé directement sur la kedoucha ou fabriqué pour son honneur conserve un statut plus élevé.
  4. Guenzei Hakodech, chapitre 6, paragraphe 15, cité par Hidabroot : application contemporaine au sac de Téfilines, à la sacoche brodée et à la housse plastique extérieure.

Les objets modernes, comme les coques rigides, films protecteurs et housses plastiques, ne sont pas nommés explicitement dans les sources anciennes. Leur statut découle de ces catégories halakhiques. En cas de doute concret, demandez à un rav compétent ou à un Sofer qualifié.

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